WELL done !

  Label WellLe label qui fait du bien

Après les certifications HQE, BREEAM et LEED, après les labels BBC, Effinergie+, Biodiversity ou BEPOS, un petit nouveau fait parler de lui depuis deux ans : le label américain WELL.

Il s’agit du premier standard qui, en plus des performances techniques du bâtiment, se concentre également sur la santé et le bien-être de ses occupants.

 

1er référentie

l centré sur l’utilisateur

L’enjeu sanitaire des bâtiments est majeur avec l’explosion programmée de maladies chroniques comme les cancers ou le diabète. Les études font désormais le lien entre pollution sonore et santé mentale, et certaines d’entre elles montrent que 8 à 10 % de la productivité ou de l’absentéisme en entreprise dépendraient de la qualité de l’air intérieur. Le label s’appuie sur l’idée qu’un immeuble de qualité serait source de bien-être et de bénéfices pour la santé, levier d’efficacité et de productivité. Il se concentre sur l’homme et sort des problématiques classiques de qualité de l’air et de confort acoustique pour prendre également en compte des facteurs contribuant au bien-être comme l’alimentation, l’exercice physique, l’exposition aux toxines, la sociabilité, la perception du confort ou la localisation du bâtiment.Le référentiel traite à la fois de son exploitation, mais aussi des usages et services.

Ainsi, la démarche WELL renforce la relation propriétaire/preneur et contribue à la valeur immatérielle de l’actif. Il mène une quête vertueuse d’amélioration de la performance des entreprises et de la santé et du bien-être des utilisateurs.

 

Made in USA

Le label WELL est un référentiel américain imaginé en 2009 par le cabinet de consulting Delos et lancé en octobre 2014 à La Nouvelle-Orléans. Les fondateurs de la startup Delos, les jumeaux Paul et Peter Scialla, anciens consultants de chez Goldman Sachs, ont créé un manuel intitulé The WELL Building Standard (WBS). Ils développent alors le label avec l’USGBC (U.S. Green Building Council), l’organisme qui a créé le référentiel LEED.

Présenté comme un complément à d’autres certifications environnementales comme HQE, BREEAM et LEED, WELL devient un référentiel autonome, géré par l’International Well Building Institute (IWBI) lancé par Delos en 2013, qui suit les engagements de la Fondation Clinton, une ONG américaine visant à améliorer la santé et le bien-être à travers l’immobilier, en diffusant la certification à l’échelle mondiale. Le GBCI (Green Business Certification Inc.) est chargé des certifications. Enfin, ARP-Astrance, un cabinet de conseil en immobilier, développe le label américain en France et accompagne les entreprises qui ont décidé de se faire certifier.

De fait, un certain nombre de prérequis et de mesures de performances est lié à la technique et aux réglementations US. Par exemple, WELL impose que l’on respecte la loi sur le handicap ADA, différente de la loi d’accessibilité des ERP aux handicapés et PMR française (voir article Handicap et accessibilité). C’est le cas également des normes concernant la qualité de l’eau ou de l’air, souvent plus contraignantes en Europe.

 

7 thématiques : de l’air au bien-être psychologique

Les 7 domaines pris en compte par WELL sont l’air, l’eau, la lumière, le fitness, la restauration, le confort et le bien-être psychologique.

Le standard identifie 100 mesures de performance, stratégies d’aménagement et bonnes pratiques qui peuvent être implémentées par les propriétaires, designers, ingénieurs, prestataires et utilisateurs d’un immeuble. Parmi ces 100 critères, on trouve des items traditionnels comme la qualité de l’air, l’efficacité de la ventilation, la sécurité du matériel, le confort visuel… mais aussi des critères inédits comme la lumière circadienne, le bruit extérieur, le confort olfactif, les portions de nourriture servie, la mise à disposition de fruits et de légumes, l’encouragement à boire de l’eau, l’événementiel sportif, la prise en compte du sommeil, la biophilie, l’altruisme, les voyages d’affaires, la beauté et le design, etc.

Les préconisations veillent à aider le système cardio-vasculaire, digestif, endocrinien, immunitaire, tégumentaire (peau et cheveux), musculaire, nerveux, respiratoire, squelettique, urinaire et même reproductif — grâce à un régime alimentaire approprié et à la pratique de l’exercice, complétés des recommandations en matière d’ergonomie et de stratégies à mettre en place pour éliminer les toxines de son quotidien.

Un label pour se sentir bien au bureau !

Un label pour se sentir bien au bureau !

20 à 30 % plus cher que HQE

La certification WELL Building Standard peut s’appliquer au bâtiment et/ou à l’aménagement des espaces de travail, à des constructions neuves, mais aussi à des bâtiments existants. L’immeuble peut même être compatible avec WELL en amont, au niveau de la coque : on dit qu’il est « WELL compliant ». Les différents niveaux silver, gold et platinum (comme pour le référentiel LEED) sont réservés aux bâtiments réalisés, avec leur aménagement.

WELL est une certification coûteuse : à partir de à 4000 $, soit 3700 €, puis de 1,50 à 4,50 centimes d’euro le mètre carré, en fonction du projet. La certification n’est valide que trois ans. Entre temps, il est possible de vérifier la performance de son site, pour 9000 $ minimum, soit environ 8400 €. Le prix est en partie justifié par le nombre de mesures et d’analyses à prendre sur site. Les espaces sont soumis à une évaluation complexe des 100 critères et des tests de performance sont réalisés par des organismes tiers indépendants.

 

La certification dans le monde

CBRE, numéro un mondial du conseil en immobilier, avait décidé de mettre en place les bureaux non attribués pour ses consultants. Espace ouvert, promiscuité et échanges de bureaux : l’un d’entre eux a attrapé un rhume. Delos a alors proposé à CBRE d’allumer des rayons ultraviolets au-dessus des postes de travail afin de les stériliser en fin de journée. Dans la foulée, mobilier ergonomique, surfaces de travail non poreuses et distributeur de jus de fruits ont été installés. CBRE est devenue la première entreprise pilote certifiée WELL. Les collaborateurs ont répondu à un questionnaire de satisfaction en 2014 et les résultats sont édifiants : 92 % ont répondu que les nouveaux espaces ont créé un effet positif sur leur santé et leur bien-être, 94 % qu’il a un impact positif sur leur performance professionnelle et 93 % qu’ils collaborent plus facilement les uns avec les autres.

Pour l’instant, 120 000 m2 ont été certifiés dans le monde. L’objectif de Delos est d’inciter au développement du label grâce aux organismes de certification. Près de 1500 professionnels sont en cours d’accréditation pour administrer le WBS, même s’il n’est pas indispensable d’être « WELL Accredited Professional » pour accompagner les utilisateurs dans la certification. L’un des premiers certifiés en France est Greenaffair, société indépendante de conseil et d’ingénierie environnementale, accompagne ses clients promoteurs et aménageurs sur tous les sujets liés à l’environnement et au bien-être des utilisateurs, comme sur la certification WELL.

 

Peu de bâtiments certifiés en France

  • Les tours Duo, signées Jean Nouvel, dont la livraison est prévue en 2020, constitueront le premier ensemble français à usage mixte réunissant des bureaux, commerces, un boutique-hôtel 4 étoiles, des restaurants, un bar panoramique et un auditorium sur 105 000 m2. Ces immeubles de grande hauteur (180 et 122 m) seront pour l’instant les seuls en France à bénéficier du label WELL.
Tours Duo à Paris

Tours Duo à Paris

  • Avec le 55 rue d’Amsterdam, la foncière française Gecina signe le premier immeuble en rénovation à obtenir le label WELL. L’immeuble de bureau de 1929 bénéficie d’un emplacement idéal dans le 8e arrondissement de Paris et d’une superficie de 12 100 m2 pouvant accueillir plus de 850 personnes. En plus du label WELL, il bénéficiera à sa livraison début 2017 de la triple certification HQE Exceptionnel, LEED Platinum et BREEAM Outstanding. Parmi les nombreuses actions prévues, citons le contrôle minutieux de la qualité de l’eau (goût et absence de pesticides), la possibilité de faire des réglages individuels pour l’éclairage et le chauffage, le confort olfactif, l’interdiction de fumer à moins de 7,5 m d’une fenêtre, la hauteur des plafonds ou la mise en place d’une galerie d’art pour l’ouverture à la création contemporaine. Le critère « fitness » sous-entend de penser l’activité physique dans les déplacements quotidiens pour la stimuler, soit revaloriser les escaliers comme des lieux de rencontres et mettre en place des espaces dédiés aux vélos. Enfin, les espaces de restauration sont des éléments-clés du projet immobilier, dispensant une nourriture bio dans un cadre à l’esprit « home fooding » et avec une ouverture élargie de ces lieux hors de l’heure du déjeuner.
amsterdam

55 Amsterdam © Gecina

Site : www.wellcertified.com

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