Retour sur la Semaine Européenne de Réduction des Déchets

La Semaine Européenne de Réduction des Déchets (SERD) 2012 s’est achevée le 25 novembre dernier [i]. Si elle a compté en France moins d’actions labellisées qu’en 2011 (2888 contre 3452), elle demeure un moment majeur de réflexion et de sensibilisation des citoyens, des entreprises et des administrations quant à la question du traitement des déchets. Avec raison, l’accent est d’abord mis chaque année sur la prévention des déchets, autrement dit sur la meilleure manière de ne pas en produire. Naturellement, à moins de parvenir à faire comme les Johnson (dont l’exemple fut LE buzz de cette SERD), il faut associer à cet effort de prévention celui du recyclage. Comment donc mettre en œuvre les bonnes pratiques dans les espaces tertiaires?

Le déchet le moins polluant est celui qu’on ne produit pas

Bien évidemment, les industriels jouent la plus grande part dans le rôle dévolu aux entreprises pour réduire la production de déchets. Pour autant, le secteur tertiaire joue également un rôle, à la fois par sa politique d’achats, en misant sur les critères environnementaux (et éthique!), la durabilité et la recyclabilité des biens, mais également en mettant en œuvre un certain nombre de bonnes pratiques. Si de nouvelles habitudes entrent peu à peu dans les mœurs, les organisations peuvent prendre des mesures encore plus incitatives. Prenons l’exemple du papier, qui représente en moyenne les ¾ des déchets d’entreprise : on pense ici aux réglages par défaut des imprimantes (recto/verso, n&b, code pour lancer l’impression, etc.), ou à la suppression des poubelles individuelles pour inciter à la réutilisation comme du papier comme brouillon, et on n’oublie pas également le tri sélectif dans les espaces communs. Autant de mesures visant à réduire le volume de papier mis en benne à la fin de la journée. On peut également penser aux systèmes visant à accroître la durée de vie des matériels électriques, électroniques et d’éclairage (détection de présence dans les salles de réunion, par exemple), qui participent également à la réduction de la facture énergétique [ii].

Recyclons !

A cette volonté de prévenir la production de déchets, succède donc celle d’assurer la meilleure recyclabilité possible. Si le tri sélectif semble désormais faire partie du quotidien des citoyens, il reste encore, pour bon nombre d’entreprises, un effet de leur bonne volonté. En effet, les communes n’ont aucune obligation de collecte vis-à-vis des déchets des entreprises, ce qui fait que celles-ci ont les mains libres quant à la pratique du tri sélectif en interne. Un point à amender toutefois, puisque des réglementations spécifiques existent pour assurer, par exemple, la valorisation des déchets d’emballage ou le recyclage des DEEE (déchets d’équipement électroniques et électriques). Il n’en reste pas moins vrai que chaque entreprise détermine elle-même la mise en œuvre ou non du tri sélectif pour les biens jetables les plus courants ainsi que le degré de sélection dans ces déchets [iii]. Naturellement, une politique volontariste ne peut qu’être encouragée.

Vers l’espace pédagogique

Les marges de progrès sont encore énormes (cf. 75% des papiers de bureau ne sont pas recyclés, selon l’ADEME [iv]), mais les entreprises disposent de nombreux outils pour favoriser les bonnes pratiques, au nombre desquels figurent leurs environnements de travail. L’aménagement exerce en effet une fonction essentielle dans leur mise en œuvre. En phase de conception, la définition des espaces où concentrer les outils du recyclage est primordiale : placer les zones de tri à proximité des flux de circulation des collaborateurs aura un impact profondément positif sur l’efficacité des mesures éco-responsables mises en œuvre par l’entreprise. De la même façon, la signalétique doit être claire, visible et immédiatement compréhensible, tout doute profitant au gaspillage. Plus encore, la signalétique, comme l’affichage, sont des outils pédagogiques qui favorisent la diffusion des bonnes pratiques auprès de tous les publics de l’entreprise. En conclusion, en matière de déchets et d’environnement, comme sur bien d’autres sujets, l’aménagement des espaces contribue grandement à la réussite (ou à l’échec) des politiques internes des entreprises.

 


[ii] Voir notre article « Le temps n’attend pas »

[iii] Voir « Recyclage : le mode d’emploi au bureau » sur le Journal du Net

[iv] Voir « Retour sur les enjeux du papier » par l’ADEME

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