Qualité de l’air au bureau

Damián Bakarcic CC-BY-2.0

Ce mercredi 18 mars, Paris a obtenu un triste privilège en étant, pendant quelques heures, la ville la plus polluée au monde [1]. L’activité humaine et les conditions météorologiques (vent faible et air chaud) expliquent ce pic de pollution et, si cette conjonction n’atteint heureusement pas des sommets de manière continue, ce record témoigne d’une situation pouvant variée du médiocre au critique. La pollution est un fléau sanitaire pour les individus, provoquant des problèmes respiratoires, des allergies, des maladies cardio-vasculaires et des cancers. Au sein de la population francilienne affectée, 6 millions d’actifs [2] sont concernés et par conséquent l’impact de la pollution ne peut être ignoré par les organisations qui les emploient.

Si ce n’est par une culture d’entreprise volontariste à l’égard du covoiturage, des transports non-polluants et d’un ensemble d’autres réflexes éco-citoyens, les organisations ont un impact nécessairement limité sur ce qu’elles peuvent entreprendre pour améliorer l’air que nous respirons en extérieur. A contrario, un éventail d’actions est possible pour agir sur la qualité de l’air intérieur qui souffre, par ailleurs, d’un certain nombre de spécificités propres aux immeubles de bureaux. Si le cadre juridique est encore fort peu contraignant sur cet aspect, la situation pourrait bien évoluer dans les prochaines années eu égard à une prise de conscience de la part des citoyens, soutenue par la parution d’études [3] soulignant l’effort législatif à produire sur cette question de santé publique. Dans les pays développés, les individus passent en effet 90% de leur temps en milieu fermé : l’enjeu est donc de taille !

Les espaces tertiaires conjuguent la menace des polluants extérieurs avec ceux liés aux bâtiments, aux équipements, aux occupants et à leurs activités. Outre les particules fines longuement évoquées ces derniers jours, on peut donc relever, entre autres, la menace potentielle du monoxyde de carbone ou de l’oxyde d’azote, souvent liée à des installation des chauffage mal entretenues, le dioxyde de carbone qui s’accumule dans les espaces mal ventilés, les composés organiques volatils (COV) qui peuvent être présents dans les produits d’aménagement et d’ameublement, enfin tout ce qui relève des poussières, moisissures et autres bactéries. Cette liste n’est pas exhaustive mais permet déjà de relever des points d’attention à mettre notamment en parallèle des différentes étapes du cycle de vie d’un aménagement. Ainsi, lors du choix des locaux, est-il indispensable de s’assurer de la qualité du système, passif ou mécaniquement assisté, de renouvellement de l’air intérieur. La programmation et le space planning doivent également prendre en compte la question de la ventilation, notamment s’agissant des espaces fermés et des zones à forte densité d’équipements électroniques (photocopieurs, imprimantes…) : relevons à ce sujet que, contrairement à la croyance commune, les espaces ouverts offrent généralement une meilleure qualité de l’air que les bureaux individuels [4]. site_MEDDTL_etiquetage_produits_constructionPréalablement aux travaux d’aménagement, il est important de recenser les données concernant les produits et matériaux (peintures, plastiques, revêtements de sols…) qui seront utilisés : les fiches de données de sécurité et l’étiquetage obligatoire depuis septembre 2013 pour cette catégorie de produits ont facilité le nécessaire travail de transparence à leur sujet. Le choix d’équipements performants sur les plans sanitaires et environnementaux constitue bien sûr l’étape nécessaire mais non suffisante de l’attention portée à la problématique de la qualité de l’air : on notera ici que la France est en avance par rapport à ses partenaires européens en ayant d’ores et déjà légiféré sur la nécessité d’une bonne ventilation sur les lieux de travail [5]. Une fois installée dans ses locaux, l’organisation doit s’atteler à conserver l’environnement de travail le plus sain possible en s’assurant du bon entretien de ses équipements, notamment de chauffage et de ventilation, de la qualité des produits de nettoyage ou encore de la surveillance de l’hygrométrie dans ses locaux.

Au-delà du choix d’équipements performants, c’est donc une réflexion globale et tout un processus de suivi continu qui doivent permettre aux organisations d’éviter les conséquences néfastes d’une qualité de l’air intérieur dégradée sur la santé, le bien-être et la performance de leurs collaborateurs.

 


 

[1] Pic de pollution du 18 mars: Paris bat un triste record

[2] Données Insee

[3] Vers une prise en compte européenne de la qualité de l’air intérieur ?5

[4] Qualité de l’air intérieur dans les bâtiments de bureau (p 18)

[5] Qualité de l’air intérieur dans les lieux de travail: ce que dit la loi

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