Le futur de la climatisation

Le retour – hélas! passager – du soleil pour quelques jours et des températures estivales a relancé, comme à chaque vague de chaleur, le débat sur la climatisation, ses mérites, son coût et ses risques. Nous venons d’ailleurs de passer le 110ème anniversaire de l’invention de la climatisation moderne par l’Américain Willis H. Carrier, l’occasion pour le NY Times de solliciter l’opinion d’un certain nombre de professionnels sur la question [1]. Parmi eux, le professeur d’architecture Steve Badanes égratigne les architectes et constructeurs des dernières décennies qui, du fait de l’existence de la climatisation, ont bâti des édifices sans prendre en compte les spécificités des climats locaux ou faire l’effort de favoriser le refroidissement passif, via l’orientation des bâtiments par exemple. Cette négligence et l’utilisation massive de systèmes mécaniques et chimiques ont eu des conséquences en termes de santé publique (prolifération des agents pathogènes, choc thermique…), de consommation énergétique et d’environnement (surconsommation d’énergie en été, fluides frigorigènes utilisant des gaz à effet de serre, etc.). Toujours selon le professeur Badanes, la climatisation du XXIème siècle devra allier les stratégies de bon sens du passé et les technologies vertes afin de livrer des locaux aussi sains que confortables et moins énergivores. Cette tendance peut d’ores et déjà être perçue dans les bâtiments labellisés (cf. la norme HQE®) mis en chantier et livrés ces dernières années, notamment en ce qui concerne l’orientation, l’isolation, la ventilation, etc.

Perspectives d’avenir

Si on a beaucoup évoqué ces dernières années la climatisation réversible fondée sur la géothermie (pompes à chaleur), une autre piste s’apprêterait à dévoiler son potentiel. Sans surprise, c’est une fois de plus, l’inépuisable énergie solaire qui se voit sollicitée pour répondre au cahier des charges d’une climatisation moins énergivore. L’idée se révèle pourtant originale. En effet, il ne s’agit pas de se servir de capteurs photovoltaïques pour alimenter des climatiseurs traditionnels, mais bien de faire du froid avec la chaleur du soleil. Faire du froid avec du chaud ? Et pourquoi pas ? Deux technologies sont actuellement en plein développement : sans rentrer trop avant dans les détails techniques [2], on relève néanmoins que la première substitue l’énergie thermique à la dispendieuse énergie mécanique dans le processus de production du froid, tandis que la seconde utilise la chaleur pour régénérer les matériaux nécessaires au processus de dessiccation (déshydratation) / humidification de l’air. L’innovation continue des technologies de stockage de l’énergie solaire, permettant ainsi un fonctionnement nocturne du système, permet d’envisager avec optimisme le développement de ces solutions.

D’autres systèmes sont également en cours de développement, notamment la technologie DEVap (Desiccant Enhanced Evaporate Air Conditioning – cf. vidéo de présentation) utilisant des solutions salines nettement plus saines et écologiques que les réfrigérants actuellement utilisés. On évoque également l’idée d’utiliser des ondes sonores pour compresser/dilater les gaz utilisés dans le processus de climatisation[3].

Ces technologies sont actuellement en phase de tests afin d’en évaluer les avantages et inconvénients mais également les coûts.  Eu égard à la demande citoyenne et économique pour des équipements moins énergivores, nul doute que leur potentiel trouvera rapidement un moyen d’être exploité dans les toutes prochaines années. Des innovations à suivre d’un œil attentif!

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