Le bureau de demain… dans les nuages?

CloudingEn 2014, le nombre d’utilisateurs se rendant sur le net via un appareil mobile devrait dépasser celui des personnes utilisant un ordinateur classique. En 2017, Google prédit que lesdits ordinateurs, qui parsèment aujourd’hui encore les espaces de travail, n’entreront plus dans le champ des solutions bureautiques possibles [1]. Concomitamment, le développement du cloud accentue cette évolution, tant des matériels que des usages, et participe au nécessaire travail d’anticipation des aménageurs concernant les environnements de travail du futur.

Transformation matérielle

En l’occurrence, au regard des prévisions faites par les professionnels de l’IT, le futur, loin d’être une perspective lointaine, démarre bien dès aujourd’hui. Pour les services informatiques, la question d’un renouvellement à large échelle de leur parc se pose dès lors que le réassort des ordinateurs fixes pourrait devenir problématique dans les trois ans à venir! Autre problématique, la tendance croissante au « bring your own device » qui démultiplie les objets connectés (quand ce ne sont pas des programmes et applications téléchargés en toute autonomie par les salariés).. Point positif cependant, une récente étude menée par Computer Economics semble indiquer des économies importantes, de l’ordre de 16%, sur les budgets informatiques lorsque l’entreprise fait le choix du clouding [2]. Pour les moyens généraux, le poste de travail pourrait devenir un sujet épineux : en effet, l’ergonomie au poste muni d’un ordinateur fixe n’est pas identique à celle qui prévaut dans le cas d’un travail sur ordinateur portable ou sur tablette. Réglages des assises, dimensions du plan, équipement du poste… sont autant de facteurs à considérer minutieusement tant pour les impacts financiers que sanitaires – faut-il rappeler que les troubles musculo-squelettiques sont devenus la principale maladie professionnelle des pays développés et coûtent des sommes gigantesques aux organisations [3]? Il faut également prévoir une connectique en tout lieu, l’adaptation des espaces formels ou informels et bien sûr la maintenance de l’ensemble de ces espaces connectés. On note par ailleurs que le clouding renforce, s’il en était besoin, le mouvement de dématérialisation des données au sein des organisations, avec pour premières « victimes » les équipements de stockage, armoires ou serveurs, libérant de nouveaux mètres carrés.

Transformation des usages

Quoi de plus naturel désormais que de se déplacer sur le lieu de travail ou en-dehors avec son ordinateur portable ? Le poste n’a ainsi plus l’exclusivité d’être le lieu de réalisation du travail, puisque celui-ci peut se faire en tout lieu (voir à ce sujet notre article « Mobilis in mobile » [4]). Il faut désormais aller plus loin que la seule réflexion sur la requalification des espaces. Adopter le clouding, c’est rendre immédiatement accessibles toutes les données de l’organisation à ses collaborateurs quel que soit le lieu ou le moment. Poussons le raisonnement à l’extrême : n’est-ce pas la question même de l’opportunité d’avoir un lieu de travail qui est posée ? En théorie, rien n’empêche plus une organisation d’être la simple façade d’un ensemble de micro-entreprises individuelles, chacune apportant son propre savoir-faire à l’ensemble. Besoin d’échanger de manière informelle ? Utiliser une messagerie instantanée. Besoin d’une réunion ? Utiliser la visioconférence depuis votre ordinateur ou smartphone. Et ainsi disparaît le loyer, second poste budgétaire des entreprises… Bien évidemment, la réalité est toute autre. Si le clouding permet d’étendre le lieu de travail au-delà de ses dimensions physiques, si l’utilisation et la perception dudit lieu de travail évoluent, la matérialité de l’immobilier professionnel n’en est pas moins indispensable. L’une des leçons tirées des expériences de coworking, s’avère être l’importance de la proximité physique pour générer des idées et de la performance [5]. Pour autant, c’est bien  la socialisation du groupe qu’elle constitue, qui devient l’enjeu majeur des environnements de travail de demain. Car les espaces doivent avant tout être conçus en fonction de l’engagement que l’organisation souhaite susciter chez les collaborateurs.

Le travail, affranchi d’un espace dédié, conduit à dépasser les problématiques traditionnelles autour du poste de travail ou du débat espace ouvert versus espace fermé, pour accélérer la mutation profonde d’un immobilier appelé à devenir un outil RH et de communication interne.



[2] Voir sur le site de Computer Economics – « Cloud Users Spend Less, Spend Smarter on IT »

[3] Voir sur le site de l’INRS – « Troubles musculosquelettiques en questions »

[4] Voir notre article « Mobilis in mobile »

[5] Voir sur le site ZeVillage – « Tiers lieux : vers un bouleversement du cadre de travail »

4 réponses à Le bureau de demain… dans les nuages?

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