Espaces de travail : encadrer ou innover ?

Innovation & PrécisionLe développement des modes de travail est pris – aujourd’hui plus que jamais ? – entre deux forces potentiellement contradictoires. Schématiquement, l’une vise à favoriser les best practices et tend donc, entre autres, à une structuration croissante des process, à favoriser le reporting et à multiplier les occasions de communication top > down pour que l’ensemble des personnels soient au fait des pratiques performantes. Cette stratégie trouve un écho, par exemple dans les processus de certification qualité ou dans le principe de précaution. Elle tente d’anticiper et prévenir le risque en s’appuyant fortement sur ce qui a fait la démonstration de son efficacité. Cela n’empêche cependant pas de garder un œil ouvert sur ce qui serait susceptible d’améliorer ses process, mais la priorité à l’innovation est moindre. L’autre force s’incarne dans la volonté de favoriser l’innovation en abattant les barrières susceptibles d’entraver ce qui a été baptisée « intelligence collective » et tend donc à faciliter la diffusion de toujours plus d’informations pour y trouver des sources d’inspiration, à favoriser la communication transversale et le brainstorming en équipe. Tout l’enjeu des organisations est de trouver l’équilibre efficient entre ces deux impératifs, le fait de favoriser l’un ou l’autre à l’extrême menant inévitablement à l’échec soit par un excès de rigidité nuisible à l’innovation, soit par une incapacité à mettre en ordre (et en marché…) le produit des créations individuelles et collectives.

Chacune de ces deux forces présente en effet des faiblesses accentuées par le mode de fonctionnement des organisations en France et qui peuvent donc nuire à leurs performances. On s’appuiera notamment ici sur l’excellent travail d’études conduit par le magazine « Les grands dossiers des sciences humaines ». Notons ainsi la division et la spécialisation croissantes du travail, corollaires du recentrage des activités sur le core business et le développement de l’outsourcing lesquels, s’ils génèrent des gains sur certains plans, handicapent les échanges horizontaux entre savoirs divers et complémentaires. De même, l’inflation des normes et règlements crée le risque d’une entrave à la créativité, alors même que le think out the box est devenu un leitmotiv très à la mode. La culture de la sanction, au détriment de l’analyse du problème, rigidifie, davantage encore, le cadre dans lequel les collaborateurs sont appelés à s’exprimer. Enfin, on note également que la question du Big Data et la sollicitation permanente par le biais des nouveaux outils de travail  posent également problème, tant il est vrai que l’innovation est le produit des influences extérieures mais aussi d’efforts de réflexion et de concentration.

Cette dualité entre règle et création se retrouve dans l’aménagement des espaces de travail, lesquels, en tant que support de la performance de l’organisation, doivent tout à la fois favoriser la transmission des savoirs et des process et la fluidité des échanges créatifs. L’étude des liens de proximité, étape incontournable d’une bonne programmation, participe de cette recherche d’efficacité de l’environnement de travail. De même, la création d’espaces de réunion, formelle ou informelle, répond à la logique d’échanges au sein de l’entreprise. Cependant, selon que la politique de l’organisation donne sa faveur aux échanges verticaux ou horizontaux, la logique d’aménagement des espaces ne peut être la même. Schématiquement, dans la première hypothèse, l’organisation des espaces individuels facilite le contrôle hiérarchique et social, les espaces collectifs favorisent la formation et les réunions d’équipe formelles. Dans la seconde, les espaces de concentration sont plus nombreux, de même que les zones de réunion informelle où les différences hiérarchiques se font moins sentir pour favoriser le dialogue.

Salle de matchs

Espace d’échanges (courtois!) dans un environnement industriel

Cependant, au-delà de ces stratégies d’aménagement classiques, il est possible d’aller encore plus loin en imaginant des espaces réellement innovants, telle que la salle de matchs, réalisée par Aventive pour le compte d’un grand Groupe industriel : dans un univers où la prise de risques peut porter des conséquences graves et nécessite donc un encadrement strict, cet espace dédié autorise le débat contradictoire entre collaborateurs de tout grade et toute fonction. Cet exemple a par ailleurs l’avantage d’offrir la démonstration qu’une activité n’induit pas forcément un cadre particulier d’aménagements. Il confirme au contraire la nécessité de réfléchir à la diversité de ses espaces afin de renforcer ou de corriger les biais propres à la stratégie, aux besoins et à la culture de son organisation. L’environnement de travail offre un outil puissant pour soutenir le déploiement d’une stratégie de management équilibrée : aux organisations d’user de tout son potentiel !

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