L’aménagement au service du développement durable

GreenBuildingsL’importance accordée au rendez-vous de la COP21 en cette fin d’année 2015 témoigne, s’il en est encore besoin, de l’importance prise par le développement durable dans les débats publics, au niveau local comme international, des États aux entreprises en passant par le monde associatif, du citoyen aux instances politiques. Associant des normes au volontarisme, cette thématique pénètre tous les secteurs et métiers et, par son impact environnemental et social, le lieu de travail fait logiquement l’objet d’une attention particulière pour mettre en œuvre des stratégies écologiques, pérennes et responsables. Associer toutes les compétences (facilities, RH, finances, technologies, communication…) pour mettre en œuvre une gouvernance adéquate constitue pour les organisations un défi dont la traduction la plus courante consiste à engager une transformation des lieux de travail et des usages qui y ont cours. Le rôle de l’aménageur est d’accompagner cette dynamique en proposant des solutions tant pour la création d’environnements de travail « green » et la mise en œuvre de leur maintenance, écologique et durable, que pour la valorisation des pratiques éco et socio-responsables.

Naturellement, la première piste explorée est celle du bâtiment en lui-même et de ses performances environnementales. Comme vu dans notre précédent article [i], le parc immobilier dispose pour l’heure d’une offre limitée avec, à date, environ 1400 opérations tertiaires (construction ou rénovation), certifiées ou en cours de certification (HQE, BREEAM, LEED) et 400 bâtiments possédant une certification en exploitation [ii]. S’agissant d’une démarche initiée en 2005 avec la naissance de la certification NF HQE®, première en son genre en France, l’effort est louable mais encore insuffisant. On note également que la certification BREEAM, réputée moins onéreuse et exigeante, notamment sur le bien-être et le confort intérieur, progresse dans les opérations lancées ces dernières années, traduisant peut-être une plus grande prudence sur l’investissement des acteurs de l’immobilier dans la démarche environnementale. Pour autant, le bâtiment ne représente qu’un axe de réflexion parmi d’autres dès lors d’une organisation souhaite s’inscrire dans une démarche de développement durable.

Les efforts peuvent en effet être portés sur l’exploitation du bâtiment et nécessitent dans cette hypothèse un audit des pratiques en cours. Étudier les consommations des occupants (énergie, eau, fournitures…) sur une longue durée doit permettre d’identifier les motifs de surconsommation, de déterminer des objectifs de diminution réalistes et d’élaborer le dispositif pour les atteindre. Rien de plus néfaste pour le fonctionnement d’une organisation qu’une politique de réduction sans la prise en compte des besoins réels des collaborateurs et la mise en œuvre de solutions adéquates, qu’elles soient techniques ou pédagogiques. Réduire la facture énergétique, par exemple, ne peut se traduire par une diminution du confort visuel des utilisateurs mais peut consister, entre autres, à remplacer les éclairages où des LED ou des ampoules à basse consommation peuvent être employés, à installer des systèmes de détection de présence dans les salles de réunion, ou à éduquer les occupants à éteindre les éclairages individuels quand ils s’absentent de leur poste. Sur ce thème, comme sur d’autres (gestion des déchets, mobilité, polluants…), on saluera le travail de recensement des pistes écologiques et économiques réalisé par l’ADEME [iii]. En toute hypothèse, quel que soit le ou les champs d’intervention d’une politique plus soucieuse des impacts environnementaux de l’organisation, elle ne peut se faire au détriment du bien-être au travail, identifié désormais de longue date comme l’un des principaux outils de performance des collaborateurs. Ce serait par ailleurs vouloir tenir compte des volets écologiques et économiques du développement durable en négligeant ses aspects sociaux.

Or, l’aménagement des espaces tertiaires a également un rôle à jouer sur cette dernière dimension en concevant et réalisant des environnements qui participent à la lutte contre les risques psycho-sociaux. Le choix des équipements et des matériaux, voire même celui des coloris, la présence d’espaces de repli ou de zones de détente, l’organisation des espaces et des flux, l’exposition à la lumière naturelle et jusqu’au positionnement des postes de travail, participent de manière essentielle au sentiment de bien-être au travail. L’inquiétude de ne pouvoir réaliser son travail correctement étant la principale source de stress au travail, la capacité des aménagements à permettre aux collaborateurs de travailler dans les meilleures conditions s’avère donc fondamentale et ajoute une motivation supplémentaire aux organisations tentées par une démarche de développement durable.

 


[i] Voir notre article : « Un immobilier à la hauteur des enjeux? »

[ii] Source: Baromètre 2015 de la certification environnementale

[iii] Réduire mes impacts par l’ADEME

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