Le temps n’attend pas

S‘il y a bien une thématique qui s’est imposée dans la société récemment, c’est celle du développement durable. Si nul n’ignore plus aujourd’hui cette appellation, il n’en demeure pas moins que ses contours apparaissent parfois encore flous, le développement durable étant régulièrement confondu avec son seul volet environnemental. Il est vrai que la mise en œuvre d’actions sur les volets sociaux et économiques semble générer plus de difficultés, notamment de la part des entreprises, qui perçoivent plus directement l’impact économique d’une stratégie orientée vers la qualité environnementale. Le baromètre du développement durable dans les entreprises de la région parisienne, publié par le CROCIS, confirme que la prise en compte de l’environnement est le premier item envisagé par les chefs d’entreprise (dans près de 95% des cas) lorsqu’il s’agit de définir une application concrète liée au développement durable. Améliorer sa production au regard des exigences écologiques de ses clients est en effet devenu un enjeu concret pour le développement des entreprises. Aussi s’évertuent-elles à valoriser leur marque en développant leur engagement en faveur de la réduction des nuisances diverses liées à leur activité, de la meilleure recyclabilité de leurs produits ou de la non-nocivité de leurs composants, voire d’une fabrication locale. Ce sont là autant de pistes qui doivent leur assurer à terme un avantage compétitif, mais qui présentent un inconvénient notoire : le coût.

Le jeu en vaut-il la chandelle?

En effet, assurer l’exemplarité de l’entreprise au regard des exigences environnementales génère nécessairement des coûts liés à la réorganisation de son activité et/ou de son appareil productif, des coûts de R&D pour substituer des solutions plus écologiques à celles en vigueur, des coûts de communication pour valoriser son action, etc. Il faut donc être certain que le jeu en vaut la chandelle, ou, moins prosaïquement, s’inquiéter du retour sur investissement, une telle stratégie n’allant pas sans risque. On note que la qualité environnementale des produits et services sollicités dans les appels d’offres s’est peu à peu imposée comme un critère de notation participant au choix final du prestataire. Alliée à des convictions individuelles, cette pratique a été certainement la source des politiques volontaristes en matière environnementale conduites par bon nombre d’entreprises ces dernières années.

Les politiques d’achat

Dans le même temps – crise(s) oblige(nt) ! – la pression exercée sur les achats ne s’est jamais relâchée. Sollicités pour réduire les dépenses de l’entreprise, les acheteurs se voient plus ou moins incités à privilégier le quantitatif sur le qualitatif. En témoigne la pratique dite « des enchères inversées » et ce même si les critères du développement durable ne sont jamais complètement bannis des prérequis de l’offre soumise. Le candidat engagé dans une stratégie visant à valoriser la qualité environnementale de son offre se trouve alors rarement être le mieux placé. Facteur aggravant, les établissements ou entreprises clients, dans une conjoncture économique fragile, marquent une tendance certaine à ne pas s’engager sur des budgets et des investissements à long terme, afin de garder une souplesse de réaction face aux aléas du marché.

Bien utiliser son temps

Il existe donc ici un problème de temps entre le prestataire dont l’offre ou le produit présente un surcoût à l’achat, mais dont l’amortissement se veut plus intéressant à long terme, et le client dont la politique d’achats peut se trouver sollicitée pour réduire les dépenses de l’entreprise à brève échéance. L’investissement à long terme est pourtant une composante indispensable pour une entreprise aux perspectives de croissance ambitieuses et les achats doivent faire partie intégrante de cette stratégie. Pour concilier les approches du vendeur et de l’acheteur, il est donc nécessaire que les prestataires s’attellent à développer des offres dont les avantages économiques sont clairement définis – la qualité environnementale seule n’étant pas un argument suffisant – et que leurs clients se forment aux politiques d’achats durables et responsables s’appuyant sur un raisonnement en coût global (1).

(1) Sur ce sujet, on notera que Les Echos viennent de faire paraître une étude intitulée Achats responsables : mettre en œuvre une stratégie opérationnelle.

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